Partie 2 - Retour de voyage

Partie 2 - Retour de voyage

Revenir, c’est bizarre.

On devrait être content, on nous le dit souvent :
« Tu dois être contente de retrouver ton lit, ta famille, ton confort. »
Et c’est vrai.
C’est rassurant, réconfortant même.

Mais il y a ce truc qui reste coincé quelque part
entre la gorge et le cœur.
Comme une petite boule invisible
qu’on traîne en silence.

Parce que là-bas, on a vécu.
On a grandi.
On a changé.

Et ici, parfois, rien n’a bougé.

C’est comme si on revenait la valise pleine d’émotions,
de souvenirs,
de poussière d’aventure,
et qu’on ne savait pas encore quoi en faire.

On aimerait tout raconter,
mais on ne sait même pas par où commencer.
On sent qu’on n’est plus exactement la même personne,
mais les autres ne voient pas encore la différence.

Et parfois, on a peur.
Peur de se faire rattraper par les problèmes qu’on avait mis sur pause.
Peur de perdre cette légèreté trouvée en voyage.
Peur que la routine étouffe ce feu
qu’on a allumé au fond de nous.

On laisse toujours une partie de nous là-bas.
Une rue.
Un regard.
Une habitude.
Un lever de soleil.
Un mot appris dans une langue étrangère.

Et c’est normal.
C’est la preuve qu’on a été touché, transformé, nourri.

Mais le retour, ce n’est pas seulement un manque.
Ce n’est pas seulement un vide à combler.

C’est aussi une force nouvelle.

On revient plus conscient.
Plus lucide sur le monde.
Sur ce qui se passe loin de chez nous,
sur les réalités qu’on ignorait,
sur les vies qui ressemblent à la nôtre… ou pas du tout.

On revient souvent moins naïf,
mais plus humain.
Plus tolérant.
Plus ancré.

On a appris à se débrouiller.
À faire confiance.
À relativiser.
À s’adapter.
À accepter que tout ne soit pas sous contrôle.

On revient plus confiant aussi.
Parce qu’on sait maintenant qu’on est capable.
Capable de partir.
Capable de s’en sortir.
Capable de vivre ailleurs.
Capable de revenir.

Le voyage nous enlève peut-être une part d’innocence,
mais il nous offre quelque chose de bien plus précieux :
une compréhension plus profonde du monde
et de nous-mêmes.

Alors oui, le retour peut faire mal.
Mais c’est aussi une occasion.

L’occasion de faire le tri.
De changer certaines choses.
D’oser autrement.
De garder en soi tout ce que le voyage nous a appris :
la lenteur,
la curiosité,
le lâcher-prise,
la simplicité.

Le retour, ce n’est pas la fin du voyage.
C’est juste une autre étape.

Celle où l’on comprend
ce que le départ a vraiment réveillé en nous.
Et comment faire vivre, ici,
tout ce qu’on a découvert là-bas.

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