Partie 1 — Ce moment juste avant de partir

Partie 1 — Ce moment juste avant de partir

Y’a un moment qu’on oublie souvent de savourer :
c’est celui juste avant de partir.

Quand le sac à dos est à moitié fait,
que l’excitation commence à monter,
qu’on ne tient plus en place,
qu’on a déjà mille scénarios en tête —
des rencontres qu’on va faire,
des paysages qu’on va découvrir,
des trucs fous qui vont peut-être nous arriver.

Ce moment-là, il est précieux.
C’est pas encore le voyage,
mais c’est déjà un pied dedans.

C’est cette montée d’adrénaline douce,
ce sourire qu’on a sans raison,
juste parce qu’on sait que quelque chose de grand
est sur le point de commencer.

Faire son sac, c’est déjà voyager un peu.
C’est visualiser.
Imaginer.
Rêver.

C’est se dire :
« cette robe, je la mettrai sûrement un soir
dans une ville que je connais pas encore ».

Ou :
« ce carnet, je vais y écrire tout ce que je vais vivre là-bas ».

Mais avant même de partir physiquement,
il y a tout ce qui se prépare à l’intérieur.

Avant un voyage, on a toujours des attentes.
Parfois très claires.
Parfois floues, presque inconscientes.

On espère que ce voyage va nous faire du bien.
Qu’il va nous apaiser.
Ou au contraire nous réveiller.
Qu’il va nous bousculer un peu,
nous remettre en mouvement,
nous sortir de quelque chose.

On part rarement par hasard.

Parfois, on part pour explorer.
Découvrir un pays, une culture, une autre façon de vivre.
Par curiosité.
Par soif de beauté.
Par envie de voir le monde autrement que sur un écran.

Parfois, on part pour se dépasser.
Se prouver qu’on est capable.
Qu’on peut se débrouiller seul(e).
Qu’on peut sortir de sa zone de confort.
Aller plus loin que ce qu’on croyait possible.

Parfois, on part pour fuir aussi.
Fuir un quotidien trop lourd.
Une période compliquée.
Un trop-plein d’émotions.
Et c’est ok.
Voyager, c’est pas toujours une quête parfaite et alignée.
C’est parfois juste un besoin vital de respirer.

Avant de partir, on se projette.
On imagine ce que ce voyage va nous apporter.
Ce qu’on a envie de voir.
Ce qu’on a envie de ressentir.
Ce qu’on a envie de laisser derrière soi.

On se dit :
« Peut-être que là-bas, je vais me retrouver un peu ».
Ou :
« Peut-être que je vais revenir différent(e) ».

On sait pas exactement comment,
mais on sent que quelque chose va bouger.

Et ce qui est beau,
c’est qu’on sait pas du tout ce qui nous attend.

On sait pas encore les galères qu’on va gérer.
Les gens qu’on va rencontrer.
Les sourires qui vont nous marquer.
Les moments de doute.
Les moments de grâce.

On sait pas ce qu’on va ressentir,
ni comment ça va nous changer.

Mais on est prêt.
Ou en tout cas, on a envie de l’être.

On a envie de se jeter dans le vide,
de foncer dans l’inconnu,
de se laisser surprendre.

Et c’est ça qu’il faut célébrer aussi.
Ce moment-là.
Ce frisson.
Cette énergie juste avant de sauter.

Parce que c’est déjà un début d’histoire.
Et parfois,
ce moment juste avant de partir
est presque aussi fort que le voyage lui-même.

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