La Chine, une planète sur une planète
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La Chine ne faisait pas partie de ma liste.
Pas de ces pays qui me faisaient rêver depuis toujours.
Pas de ceux que j’imaginais visiter un jour — du moins, pas maintenant.
Le plan, à la base, était simple.
L’Asie, oui.
Le Vietnam.
La Malaisie.
Mais pas la Chine.
Ni à ce moment-là.
Ni même un jour, dans un coin de ma tête.
Il y avait tant d’autres destinations qui m’attiraient avant elle.
Des pays que j’avais vus mille fois en photos, en vidéos, dans des récits de voyageurs.
La Chine, elle, restait floue.
Presque abstraite.
Et pourtant.
C’était réservé.
Je partais vers un pays sans images préconçues, sans fantasme précis, sans attentes claires.
Juste avec une chose : la curiosité.
Cette curiosité qui m’a rattrapée dès que j’ai commencé à me renseigner un peu plus.
Et là, je me suis dit :
Wow.
Ce pays a l’air complètement dingue.
La réalité a largement dépassé ce que j’imaginais.
Chongqing.
La claque.
Pas celle que j’avais déjà connue devant un désert de sel à perte de vue.
Pas celle d’un volcan en pleine éruption.
Une autre claque.
La plus grande ville du monde.
Oui, oui.
Impossible à conceptualiser tant qu’on ne l’a pas vue de ses propres yeux.
Ici, tout est démesuré.
La verticalité est partout.
Des routes à plusieurs niveaux.
Des immeubles à perte de vue.
Des trains qui traversent littéralement des bâtiments.
L’ancien et le moderne se mélangent de façon presque irréelle.
Des temples coincés entre des buildings.
La barrière de la langue est immédiate.
Ici, même l’anglais devient compliqué.
Les échanges se font à coups de traducteur, de gestes, de sourires.
Tout passe par le téléphone :
traduire, comprendre, se repérer, payer.
Tout est différent, ici.
Les codes changent.
Un chaos permanent.
Un bordel parfaitement organisé.
C’est un choc culturel immense.
Visuel.
Sensoriel.
Mental.
Au début, c’est dérangeant.
Déstabilisant.
Même la nourriture te rappelle que tu es loin.
Très loin.
Ici, manger de la tortue ou du crapaud est normal.
Pour moi, clairement pas.
Heureusement, il existe d’autres options — mais souvent très épicées.
Après la ville, vient la campagne chinoise.
Et là, un tout autre monde s’ouvre.
Pour la photographie, c’est un régal absolu.
L’un des pays où je me suis le plus régalée à travers l’objectif.
Chaque trajet, chaque fenêtre, chaque arrêt offre une scène à capturer.
Traverser la Chine en train est une expérience en soi.
Les paysages défilent.
Et soudain, tu te retrouves face à des décors que tu n’aurais jamais cru voir un jour dans ta vie.
Ces paysages qui ont inspiré Avatar.
Des montagnes karstiques irréelles, presque flottantes.
Jamais je ne m’étais imaginée là-bas.
Et c’est peut-être ça, la force de ce voyage.
Ce mélange fou.
Des villes parfois un peu glauques au bord de l’eau.
Des quartiers de street art fascinants.
Des paysages naturels à couper le souffle.
Je ne me suis jamais sentie aussi loin.
Aussi dépaysée.
Aussi consciente d’être sur une autre planète.
La Chine n’est pas un voyage facile.
Elle bouscule.
Elle marque profondément.
Une planète sur une planète.
Un monde à part entière.
Et une chose est sûre :
je ne regrette absolument rien.
Ce voyage, je m’en souviendrai toute ma vie.